Installation d’une pompe à chaleur (PAC) : comment ça se passe, étape par étape
Une installation de pompe à chaleur n’est pas “juste poser une machine”. C’est un projet technique (dimensionnement, hydraulique, électricité, acoustique) et souvent un projet “confort” (températures stables, eau chaude, bruit, factures). Voici le déroulé réel d’une installation bien faite, puis une FAQ très complète qui anticipe les questions qu’un client se pose avant de signer.
1) Avant l’installation : vérifier si votre logement est “PAC compatible”
A. Diagnostic express (ce que l’installateur sérieux regarde)
- Type de logement : maison, appart, copropriété, accès extérieur.
- Isolation : murs/toiture, vitrages, infiltrations d’air (ça change la puissance).
- Émetteurs : radiateurs, plancher chauffant, ventilo-convecteurs.
- Système actuel : chaudière fioul/gaz, électrique direct, poêle, etc.
- Eau chaude sanitaire : ballon existant, volume, habitudes.
- Local technique : place pour module intérieur/ballon, passage des tuyaux.
- Emplacement unité extérieure : bruit, voisinage, distances, support.
👉 À ce stade, on identifie aussi la meilleure technologie :
- Air/eau (la plus fréquente)
- Air/air (chauffage + clim, pas d’eau chaude)
- Géothermie (sol/eau) si terrain et budget
- Hybride (PAC + chaudière) si contraintes fortes
2) Étude & dimensionnement : la partie qui fait (vraiment) la différence
A. Calcul des besoins (puissance)
Objectif : choisir une PAC qui chauffe bien sans surconsommer.
- Trop petite → inconfort par grand froid, appoint coûteux.
- Trop grosse → cycles courts, usure accélérée, rendement dégradé.
Un pro s’appuie sur :
- surface, volumes, isolation, zone climatique
- températures de départ nécessaires (35–45°C idéalement, 55–60°C parfois)
- type et dimension des radiateurs / plancher
B. Choix du matériel
- Monobloc ou bibloc (split)
- Inverter (modulation) quasi indispensable aujourd’hui
- marque/modèle selon bruit, performances froid, SAV, pièces
- ballon ECS intégré ou séparé
- options : gestion à distance, thermostat multi-zones, sonde extérieure
C. Devis sérieux = détail
Un bon devis précise :
- puissance, modèle exact
- travaux hydrauliques (désembouage, pot à boues, filtre, vase expansion)
- modifications électriques (disjoncteurs, section câbles)
- percements, supports, condensats
- mise en service, réglages, tests
- garanties, entretien, coût annuel estimé
3) Préparation du chantier : autorisations & logistique
Selon les cas :
- Déclaration / autorisation (façade, unité extérieure visible, copropriété).
- Règles de bruit et distances (très important en zone dense).
- Plan de passage : gaines, tuyaux, percements.
- Protection du chantier : sol, poussières, évacuation ancien matériel.
4) Le jour J : déroulement typique des travaux
A. Dépose (si remplacement)
- neutralisation ancienne chaudière
- purge, démontage, évacuation
- parfois nettoyage du circuit (fortement recommandé en rénovation)
B. Pose de l’unité extérieure
- support mural ou sur dalle/plots antivibratiles
- choix emplacement = acoustique + performance + entretien
- gestion évacuation des condensats (givre/dégivrage en hiver)
C. Pose de l’unité intérieure (si air/eau)
Selon configuration :
- module hydraulique intérieur
- ballon d’eau chaude (ou ballon combiné)
- vannes, circulateurs, sécurité, soupape, vase expansion
- pot à boues / filtre magnétique (très conseillé)
- raccordement au réseau chauffage existant
D. Raccordements techniques
- Hydraulique : tuyauteries isolées, purge, pression, étanchéité
- Frigorifique (si split) : liaisons cuivre, tirage au vide, test fuite
- Électrique : alimentation dédiée, protections, câblage commande
- Régulation : thermostat, sonde extérieure, loi d’eau
E. Mise en service & réglages
C’est là que beaucoup d’installations “moyennes” ratent le confort :
- paramétrage loi d’eau (température départ selon température extérieure)
- réglage débits, équilibrage radiateurs si nécessaire
- test ECS (température, cycles anti-légionelle)
- test bruit, vibrations, dégivrage
- explication au client + notice simplifiée
Durée typique :
- Air/eau en remplacement : 2 à 4 jours selon complexité
- Air/air : 1 à 2 jours
- Géothermie : plus long (forage/terrassement)
5) Après l’installation : optimisation les 30 premiers jours
Une PAC performe mieux quand on la “pilote” correctement :
- éviter le mode “on/off” permanent : une PAC aime la stabilité
- température de consigne raisonnable + courbe (loi d’eau) bien réglée
- contrôle de pression, purge éventuelle, nettoyage filtre
- un réglage fin après 2–3 semaines peut améliorer confort et conso
6) Entretien : ce qui est recommandé (et ce qui évite les pannes)
- nettoyage unité extérieure (feuilles/poussières)
- contrôle hydraulique : pression, filtre, pot à boues
- contrôle frigorifique / étanchéité selon réglementation locale et quantité de fluide
- vérification performances, cycles dégivrage, bruit
- mise à jour réglages si changement d’habitudes ou d’isolation
FAQ complète : les questions que les clients se posent vraiment
Choix & compatibilité
1) Est-ce que ça marche avec des radiateurs “classiques” ?
Oui, souvent. Mais il faut vérifier la température nécessaire. Des radiateurs “haute température” peuvent nécessiter : PAC HT, surdimensionnement, amélioration isolation, ou remplacement de certains radiateurs.
2) Plancher chauffant : c’est idéal ?
Oui. Le plancher fonctionne à basse température (excellent rendement).
3) Faut-il être très bien isolé ?
Non, mais plus c’est isolé, plus c’est rentable et confortable. Une PAC dans une passoire peut fonctionner… mais coûte plus cher à l’usage et peut exiger un appoint.
4) Air/air ou air/eau : comment choisir ?
- Air/air : chauffe vite + clim, mais pas d’eau chaude et diffusion par soufflage.
- Air/eau : chauffage central + ECS (selon montage), confort homogène.
5) Géothermie : pourquoi c’est plus cher ?
Forage/terrassement + études. En échange : très bon rendement stable, excellente performance par grand froid.
Bruit, voisinage, esthétique
6) Est-ce bruyant ?
Ça dépend du modèle + emplacement + supports antivibratiles. Un pro doit anticiper : murs réfléchissants, angles, distance aux chambres/voisins.
7) Où placer l’unité extérieure ?
À l’abri des résonances, accessible pour maintenance, avec bonne circulation d’air, sans souffler directement vers une zone sensible.
8) Peut-on la cacher ?
Oui, mais sans l’étouffer : il faut garder l’air libre. Les caches mal conçus font chuter les performances.
Consommation & économies
9) Est-ce que ça réduit vraiment la facture ?
En général oui vs fioul/électrique direct, souvent vs gaz selon prix locaux. Mais le résultat dépend surtout de : dimensionnement, température de départ, isolation, réglages.
10) Pourquoi on parle de COP/SCOP ?
COP = rendement à un point de mesure. SCOP = performance “moyenne saisonnière” plus réaliste.
11) Est-ce que ça marche quand il fait très froid ?
Oui, mais les performances baissent avec la température. Les bons modèles restent efficaces, parfois avec appoint.
12) La PAC doit-elle tourner en continu ?
Elle doit surtout éviter les cycles marche/arrêt. Une régulation bien réglée maintient une température stable sans surconsommation.
Eau chaude sanitaire (ECS)
13) Peut-on produire l’eau chaude avec la PAC ?
Oui avec une PAC air/eau et un ballon adapté.
On prévoit aussi un cycle anti-légionelle (souvent électrique ponctuel).
14) Est-ce que l’eau chaude est “instantanée” ?
Non, c’est un ballon qui stocke. On dimensionne selon le foyer (douches, bains).
Travaux, durée, contraintes
15) Combien de temps dure l’installation ?
Généralement 2 à 4 jours en remplacement air/eau, plus si gros travaux hydrauliques ou modification des émetteurs.
16) Faut-il vider la maison / gros chantier ?
Pas forcément. Mais il y a des percements, du passage de tuyaux, parfois de la poussière.
17) Peut-on garder l’ancien chauffage en secours ?
Oui avec une solution hybride ou en conservant un appoint.
Fiabilité, entretien, durée de vie
18) Durée de vie d’une PAC ?
Souvent 12–20 ans selon qualité, dimensionnement, entretien et cycles.
19) L’entretien est-il obligatoire ?
Selon pays/région et selon la charge en fluide frigorigène, il peut y avoir des obligations. Dans tous les cas, l’entretien est fortement recommandé.
20) Quelles pannes sont fréquentes ?
- encrassement (extérieur ou filtres)
- défaut de débit / embouage sur installation ancienne
- mauvais réglages (inconfort + conso)
- problèmes électriques (protection, surtension)
Un bon chantier réduit fortement ces risques.
Prix & aides (sans promettre des montants)
21) Combien ça coûte ?
Très variable : type de PAC, puissance, ballon, état du réseau chauffage, accès. Le coût réel dépend surtout des travaux annexes (hydraulique/électricité/émetteurs).
22) Existe-t-il des aides ?
Souvent oui (selon canton/commune/pays, revenus, type de rénovation). L’installateur ou un conseiller énergie peut aider à monter le dossier.
Qualité : comment reconnaître un bon installateur ?
23) Quels signaux montrent qu’on a affaire à un pro ?
- il parle d’abord dimensionnement et température de départ
- il propose désembouage + pot à boues en rénovation
- il détaille l’acoustique et l’emplacement
- il prévoit mise en service + réglages (et pas juste “pose”)
- il sait expliquer simplement la régulation (loi d’eau)
24) Quels “red flags” ?
- puissance choisie “au pif” sur la surface
- devis flou sans modèle exact
- pas de discussion sur bruit, dégivrage, condensats
- pas de traitement du circuit existant (rénovation)
- promesse d’économies “garanties” sans étude
Soulignons un point important
Une installation de pompe à chaleur réussie, c’est 30% matériel et 70% étude + pose + réglages. Si le dimensionnement et la régulation sont bien faits, vous obtenez : confort stable, bruit maîtrisé, consommation optimisée, et une installation durable.
Contact conseillés par notre rédaction :
Site à voir : https://www.aew.ch/fr/clients-prives/projet-de-construction/pompe-chaleur-et-chauffe-eau-electrique
AEW Yverdon les Bains

